Kimono – Au Bonheur de Dames

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L’exposition Kimono – Au Bonheur des Dames, Musée Guimet

L’exposition Kimono – Au Bonheur des Dames, qui se tient au Musée Guimet, connaît actuellement un succès mérité. Pour la première fois, sont présentées hors du Japon plus de cent pièces provenant de la Collection Matsuzakaya, la célèbre maison de production de Kimonos fondée en 1611. Grâce à ce prêt exceptionnel, l’évolution de ce vêtement emblématique se révèle. Les matériaux en sont variés mais la confection en est très réglementée et elle est inchangée depuis son invention. Sept bandes droites sont découpées dans un rouleau de tissu de 35cm de large, puis assemblées les unes aux autres. Mais attention, ces bandes ne sont jamais recoupées ; ainsi les manches sont formées à partir d’un rectangle replié. La forme en T qui en résulte laisse apparaître peu de variantes mais certaines sont essentielles, comme les manches tombantes qui sont réservées aux jeunes filles célibataires. Le port du Kimono entrave la marche et rigidifie le buste par le port d’une ceinture (Obi). Cette raideur contribue à envisager le vêtement comme une architecture sur laquelle se déploient de somptueux motifs brodés, appliqués ou minutieusement teints.

Nommé à l’origine « Kosode », il est le vêtement par excellence des japonais et participe magistralement à l’esthétique japonaise. Les thèmes ornementaux varient en fonction des classes sociales et des époques : ainsi au XVIIIème siècle, les femmes de la classe guerrière et bourgeoise apprécient les motifs d’inspiration littéraire et théâtrale sur leurs Kimonos mais ceux-ci aiment à cette époque se présenter également comme des paysages imaginaires sophistiqués.

Nous avons aimé la vitrine centrale mettant en scène un Katabira (Kimono d’été en lin non doublé) bleu à motifs de camélias, fleurs de cerisiers et chauves souris présentant les plantes regroupées dans la partie inférieure tandis que les nuages et les oiseaux sont disposés dans la moitié supérieure. Nous avons aussi été particulièrement impressionnés par la salle consacrée aux vêtements du mariage : confectionnés en soie damassée, représentant des motifs de bon augure, ils se présentent accompagnés des accessoires essentiels à la coiffure : peignes et épingles à cheveux d’un raffinement extrême.

La dernière salle illustre les réinterprétations modernes du Kimono. En 1867, lorsque le Japon participe, officiellement pour la première fois, à l’Exposition Universelle qui se tient à Paris, l’engouement est immense et le Kimono devient à la mode dans toute l’Europe. Au début du XXème siècle, les grands couturiers Paul Poiret et Madeleine Vionnet adoptent les codes de l’habit traditionnel japonais pour un résultat unique. Depuis les réinterprétations, qu’elles soient d’Yves Saint Laurent, de John Galliano ou de Jean-Paul Gautier se poursuivent et au Japon même, on assiste à une revisitation du Kimono par Issey Miyake, Kenzo et Junko Koshino conjuguant tradition et modernité pour des créations pouvant se porter aussi bien au Japon qu’en Occident. Cette exposition est l’occasion unique d’admirer des pièces aussi rares par la beauté de leurs coloris, la finesse de leurs motifs et leur état de conservation exceptionnel.