ENTRE COULEUR ET MATIERE

Expositions | Histoire et patrimoine
entre_couleur_et_matiere par Esprit de France
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Hôtel d'Orsay
Hôtel d'Orsay de la collection Esprit de France

De la Manufacture de Sèvre au Musée d'Art Moderne

Les recherches sur la gamme chromatique, sur les contrastes et sur l’éclat des couleurs font partie intégrante de l'histoire de la céramique, un art de décoration qui s’exprime par des objets d’apparat ou de la vie quotidienne. À la Manufacture de Sèvres, un laboratoire de la couleur existe depuis la création de cette institution, en 1740, par Louis XV. Des milliers de couleurs y ont été élaborées dont les plus célèbres sont le bleu céleste de Louis XV et le rose Pompadour mais aussi le vert de la vaisselle de Napoléon 1er. L’exposition éblouissante propose un cheminement artistique inédit à travers les styles et les époques. Quatre cents œuvres y sont présentées en collaboration avec le Centre Pompidou. Elles permettent d’apprécier les différentes nuances des couleurs et des textures, de la céramique mate aux reflets et opalescences des surfaces translucides de la porcelaine. Le voyage sensoriel est d'un bout à l'autre réussi, riche de pièces et de signatures d’artistes. Il aborde la question fondamentale du traitement de la couleur par les artistes qui ont travaillé selon des traditions qui remontent au XVIIIème siècle mais qui savent aussi répondre aux exigences de la modernité. En effet, source de plaisir, symbole de pouvoir, catalyseur de mémoire, la sensation chromatique reste pour l’artiste d’aujourd’hui, que ce soit Sonia Delaunay, Yves Klein ou Bertrand Lavier, un outil émotionnel puissant. A ne pas manquer !

Le questionnement de la matière est tout autre en peinture. Le meilleur exemple en est l’œuvre de Jean Fautrier, actuellement présentée au Musée d’Art Moderne de la ville de Paris. Relativement peu connu du grand public, Jean Fautrier, artiste au parcours solitaire, débute par une figuration expressionniste aux tonalités sombres et dramatiques. C’est en 1934, qu’en abolissant les contours linéaires de ses figures, il entame une nouvelle recherche caractérisée par l’épaisseur de la matière traversée par une délicate arabesque de pigment : « Cela tient du pétale de rose et de la tartine de camembert » disait avec humour son ami Francis Ponge. Dans sa célèbre série des Otages, Fautrier poursuit des effets de matière surprenants : de puissants empâtements dans lesquels les pigments jouent entre transparences, débordements et opacités. Grand prix de peinture à la Biennale de Venise de 1960, il est aujourd’hui considéré comme le plus important précurseur de l’art informel et comme une figure majeure du renouvellement de l’art moderne après le cubisme.