La Fondation Vuitton présente la scène artistique africaine

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seydou_keita_Art Afrique. Esprit de France
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Hôtel Brighton
hôtel Brighton de la collection Esprit de France

Trois expositions présentées simultanément 

Les trois expositions qui sont actuellement visibles à la Fondation Vuitton reflètent le dynamisme que l’on peut constater aujourd’hui sur le continent africain. La première réunit une sélection d’œuvres de quinze artistes de la collection d’art contemporain de Jean Pigozzi. La seconde témoigne de l’effervescence culturelle que connaît actuellement l’Afrique du Sud. En complément, la troisième sélectionne, dans la collection de la Fondation, des œuvres de créateurs africains ou d’ascendance africaine parmi lesquelles on retrouve quelques unes des grandes figures de l’actualité artistique internationale, comme William Kentridge dont la Procession de Migrants, figurant des sortes d’ombres chinoises réalisée à l’encre noire, nous surprend dans le hall de la Fondation.

En 1989, l’homme d’affaires Jean Pigozzi commence à constituer une collection consacrée aux artistes africains - avec l’aide d’André Magnin, un des premiers spécialistes de l’art africain contemporain - sur la base de trois critères : qu’ils soient originaires d’Afrique Noire, qu’ils y vivent et qu’ils y travaillent. Pendant vingt ans les deux hommes vont découvrir et choisir des œuvres qui révèlent des démarches aussi riches qu’originales. On y retrouve celles déjà connues de Seydou Keita, de Chéri Samba et de Barthélémy Toguo, mais on y découvre également la série Hairstyles du nigérian Ojeikere répertoriant des coiffures nigérianes féminines, photographiées de dos, les sculptures en terre cuite de Séni Awa Camara, les masques ironiques de Romuald Hazoumé réalisés à partir de vieux bidons d’essence et les cités spatiales utopiques de Nimi utilisant elles aussi des matériaux de récupération. Elles forment un ensemble de créations profondément originales qui nous ont enthousiasmés au plus haut point tant par leurs couleurs que par leur inventivité poétique.

L’autre partie consacrée à la création foisonnante en Afrique du Sud, parle plus durement d’art politique et engagé dans la société « arc-en-ciel » de ce pays. Une des grandes figures sud-africaines est William Kentridge qui « déploie un univers dessiné mouvant et musical qui entrecroise histoires personnelles et sud-africaines et actualités internationales » ; mais à côté de ce langage qui reste poétique, Jane Alexander propose une installation d’êtres hybrides, entre chiens de gardes et être humains, des plus inquiétantes et glaçantes tandis que les travaux photographiques de David Goldblatt ou de Zanele Muholi essaient eux-aussi de redéfinir l’identité sud-africaine.

Réunissant des œuvres dont la variété tour à tour ravit ou questionne avec force, voici une exposition qu’il ne faut manquer !