Derain, Balthus, Giacometti, exposée au Musée d’Art Moderne de la ville de Paris

Derain, Balthus, Giacometti at Musée d'Art Moderne de Paris by Esprit de France
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Hôtel Mansart
Hôtel Mansart de la collection Esprit de France

Loin des avant-gardes tapageuses, une amitié artistique inattendue

Cette exposition intrigue car, de premier abord, rien ne justifie le rapprochement voulu entre ces trois artistes. En effet, hors le fait qu’ils privilégient la figure humaine dans leur travail, Derain, Balthus et Giacometti n’appartiennent ni à la même tendance artistique, ni à la même génération. Ce qui les lie est de l’ordre d’une profonde amitié. Leur rencontre se produit au début des années trente, moment où le surréalisme domine la scène parisienne. A cette époque, Giacometti fait lui-même partie du mouvement surréaliste même s’il en sera rapidement exclu en 1935. Les débats de l’époque, de Saint-Germain à Montparnasse, sont très animés autour de tout un noyau de poètes et d’écrivains qui comprend André Breton et Antonin Artaud bien sûr, mais aussi Louis Aragon, Jean Cocteau, Samuel Beckett et même Albert Camus et Jean-Paul Sartre.

Derain, Balthus, Giacommeti, exposée au Musée d'Art Moderne de la ville de Paris

Lorsque se noue leur amitié, Derain a vingt ans de plus que ses cadets et il a déjà traversé l’une des plus grandes aventures picturales du début du siècle, celle du Fauvisme où les couleurs pures éclatent sur la toile avec une violence jamais connue jusque-là. Il a été l’ami de Matisse et de Picasso mais, depuis la guerre, il s’est tourné vers une relecture plus classique de la peinture. L’exposition, organisée en grandes thématiques comme celle du rêve, de la vie silencieuse (plus adapté que celui de « nature morte ») ou encore des différentes interventions pour la scène théâtrale, permet d’établir des rapprochements entre ces trois personnalités, solitaires dans leur démarche mais partageant le même intérêt pour l’art ancien et un ancrage réel dans une modernité qu’ils voudraient intemporelle. La mise en parallèle de leur travail se double parfois de recoupements qui font le plaisir du visiteur : ainsi l’on découvre que la belle Isabel Rawsthorne dont Giacometti était amoureux, a également posé pour Derain. En effet, les trois artistes ont en commun nombre d’amis et mécènes que l’on retrouve ici, immortalisés dans un jeu de portraits croisés. L’accrochage proposé permet, entre autres, de revoir des chefs d’œuvre rares de Balthus, comme la Rue prêté par le MoMa de New York, et de découvrir des œuvres méconnues de Derain, comme sa Grande Bacchanale de 1935-1945 qui fait une utilisation absolument inédite de la couleur noire.